Guides pour les frontaliers de Saint-Louis (68) — Zone bâloise · 3 Frontières Ressources en lien avec Cabinet LHB — Sierentz (68)
Retraite du frontalier

Retraite du frontalier à Saint-Louis : vos trois sources

Vous habitez Saint-Louis, vous travaillez à Bâle, et vous cotisez en Suisse. Votre retraite, elle, ne tombera pas d'un seul guichet : elle se construit sur trois sources qui se cumulent — l'AVS, le Pilier II et votre retraite française. Comprendre ce trio, c'est éviter les mauvaises surprises et quelques décisions irréversibles. Ce guide remet les choses dans l'ordre.

Mis à jour 2026 Secteur Saint-Louis · Bâle-Ville · Bâle-Campagne Lecture ≈ 9 min

L'essentiel en 30 secondes

  • Votre retraite de frontalier repose sur trois sources qui se cumulent : l'AVS (1er pilier suisse), le Pilier II (votre caisse de pension professionnelle) et votre retraite française, pour vos années cotisées en France.
  • L'AVS est un socle versé à vie : pour une carrière complète de 44 ans, la rente complète va de 1 260 à 2 520 CHF par mois en 2026. Elle ne suffit jamais seule.
  • Le Pilier II est souvent le plus gros montant : à la sortie, vous choisissez entre capital ou rente. Un choix en grande partie irréversible.
  • Vos années suisses sont prises en compte par la France pour le taux plein (règlement européen 883/2004) — mais chaque pays verse sa propre pension.

Trois sources, deux pays : la règle de base

Quand on travaille à Bâle et qu'on réside à Saint-Louis, la retraite ne sort pas d'un seul tuyau. Elle se compose de trois sources qui s'additionnent, sans qu'aucune n'annule l'autre. Chacune a ses propres règles d'âge, de calcul et de fiscalité.

  • L'AVS — le 1er pilier suisse, obligatoire. Un socle versé à vie, mais qui ne suffit jamais à lui seul à maintenir votre niveau de vie.
  • Le Pilier II — votre caisse de pension professionnelle (la prévoyance professionnelle), alimentée par vous et votre employeur suisse. Souvent le plus gros montant de votre vie.
  • La retraite française — vos années cotisées côté France ouvrent une pension française ; vos trimestres suisses comptent pour le taux plein.
En clair

Trois sources, trois logiques, deux pays. La vraie valeur d'un plan, ce n'est pas de regarder chaque source séparément : c'est de les faire travailler ensemble. C'est là que se gagnent — ou se perdent — plusieurs centaines de francs par mois.

L'AVS : votre socle, pas votre retraite

L'AVS (Assurance-vieillesse et survivants) est le premier pilier suisse. Tant que vous travaillez en Suisse, vous y cotisez ; à la retraite, elle vous verse une rente à vie, même en résidant à Saint-Louis. Deux paramètres fixent son montant : votre durée de cotisation et votre revenu annuel moyen.

Repère AVS 2026Montant mensuel
Rente complète minimale1 260 CHF
Rente complète maximale2 520 CHF
Plafond pour un couple marié3 780 CHF

Ces montants valent pour une carrière complète de 44 ans en Suisse (l'échelle 44). Chaque année manquante réduit la rente de 1/44e. Et attention : vos années d'études faites en France ne comptent pas côté suisse.

Nouveauté à connaître : la première 13e rente AVS sera versée en décembre 2026. Elle est automatique pour toute personne percevant une rente de vieillesse AVS en décembre, et équivaut à 1/12 des rentes AVS de vieillesse perçues dans l'année. Aucune démarche à faire.

À retenir

L'âge de référence de l'AVS en 2026 est de 65 ans pour les hommes. Pour les femmes, il est en transition : 64 ans et 6 mois pour la génération 1962, puis 65 ans à partir de la génération 1964. Un départ anticipé est possible, mais avec une réduction définitive de la rente.

Le Pilier II : capital ou rente ?

Le Pilier II (la LPP), votre caisse de pension professionnelle, est votre épargne retraite obligatoire en Suisse. Votre employeur cotise autant que vous. À la sortie, c'est souvent le plus gros montant que vous verrez de votre vie — et votre caisse vous pose alors LA question : tout en capital, tout en rente, ou un mix ? Ce choix est en grande partie irréversible.

Votre choixCe que cela change
Le capitalLiberté d'investissement, transmissible aux héritiers, imposé une seule fois au retrait — mais aucun revenu garanti à vie.
La renteRevenu garanti à vie, aucune gestion à assurer, réversion possible au conjoint — mais imposée chaque année et perdue au décès (hors réversion).

Le taux de conversion de la part obligatoire reste fixé à 6,8 % en 2026. Concrètement : 100 000 CHF de capital obligatoire se transforment en environ 6 800 CHF de rente par an. Beaucoup de caisses appliquent un taux « enveloppant » plus bas sur l'ensemble de l'avoir : lisez toujours le règlement de votre caisse.

En clair

Le bon choix dépend de votre espérance de vie, de votre patrimoine global et de votre fiscalité. Ne décidez jamais le capital ou la rente sans avoir chiffré les deux côte à côte : une fois la décision prise, on ne revient pas en arrière.

La retraite française : vos trimestres suisses comptent

Vous travaillez en Suisse, mais vous résidez en France. Bonne nouvelle : la Suisse est assimilée à un État de l'Union européenne pour la coordination des retraites (règlement européen 883/2004). Vos périodes cotisées en Suisse ne sont donc pas perdues côté France.

  • Droit et taux plein : la France totalise vos périodes suisses pour apprécier votre droit à pension et l'atteinte du taux plein. Vos années suisses aident à éviter la décote.
  • Montant : la France ne verse que la part proratisée correspondant à vos seules périodes françaises. Vos années suisses ne créent pas de pension française supplémentaire.
  • Le plus avantageux : la France retient toujours le calcul le plus favorable pour vous.
  • Demande : rien n'est automatique. C'est à vous d'engager la démarche, idéalement 6 à 12 mois avant l'âge de départ.

C'est le mécanisme du frontalier « polypensionné » : une carrière partagée entre la France et la Suisse. Si vous avez travaillé en France avant de passer à Bâle, vous avez peut-être 5, 10 ou 15 ans de cotisations françaises qui se rappelleront à vous au bon moment.

Sources officielles

Les montants et règles cités ici s'appuient sur les sources officielles. Pour vos droits français, l'interlocuteur officiel est l'Assurance retraite (lassuranceretraite.fr) ; côté suisse, le centre d'information AVS/AI. Les montants évoluent chaque année : vérifiez toujours le millésime en vigueur.

À quel âge partir ?

Les deux pays ne s'alignent pas sur le même âge — et c'est normal, chacun a ses règles.

  • Côté Suisse (AVS) : âge de référence 65 ans pour les hommes ; pour les femmes, 64 ans et 6 mois pour la génération 1962, puis 65 ans dès la génération 1964.
  • Côté France : le départ est possible dès 64 ans ; le taux plein est automatique à 67 ans, quelle que soit la durée d'assurance. Pour les générations nées à partir de 1965, il faut 172 trimestres (43 ans) pour le taux plein.

Vous n'êtes pas obligé de déclencher vos deux retraites le même jour : l'ordre et le calendrier des demandes font partie de la stratégie.

En cas de décès : protéger son conjoint

Préparer sa retraite, c'est aussi protéger son conjoint. En cas de décès, une partie de vos droits peut être reversée : rente de survivant côté AVS et Pilier II, pension de réversion côté français. Les conditions — âge, mariage, ressources — varient d'un régime à l'autre.

Un point souvent négligé : une rente de Pilier II prévoit en général une réversion au conjoint ; un capital, lui, est transmis dans le cadre de la succession. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'arbitrage capital/rente ne se décide jamais seul, mais en regardant toute votre situation familiale.

Aller plus loin

La retraite du frontalier n'est pas compliquée une fois le principe compris — mais les détails (capital ou rente, coordination, fiscalité, réversion) se jouent à votre situation personnelle, et certaines décisions sont irréversibles. Un point retraite fait à temps, idéalement plusieurs années avant le départ, évite de laisser de l'argent sur la table.

Voir aussi : les impôts du frontalier, comment lire votre fiche de paie suisse, et le guide complet du frontalier à Saint-Louis.

"Le grand oubli des frontaliers : cotiser à l'AVS, au Pilier II et à la France, sans jamais faire le bilan de ce qu'ils vont réellement toucher."

Cabinet LHB — Conseil patrimonial spécialisé frontaliers France–Suisse · Sierentz (68)

Questions fréquentes

Retraite du frontalier : vos questions

Sur trois sources qui se cumulent : l'AVS (1er pilier suisse), le Pilier II (votre caisse de pension professionnelle, versée en capital ou en rente) et votre retraite française, calculée sur vos seules années cotisées en France. Aucune n'annule l'autre.

Pour une carrière complète de 44 ans, la rente AVS complète va de 1 260 à 2 520 CHF par mois en 2026 (plafond de 3 780 CHF pour un couple marié). Le montant dépend de votre durée de cotisation et de votre revenu annuel moyen. Une carrière incomplète donne une rente proportionnelle.

Le capital offre la liberté d'investissement et la transmission aux héritiers, mais aucun revenu garanti à vie. La rente garantit un revenu à vie avec réversion possible au conjoint, mais elle est imposée chaque année et perdue au décès (hors réversion). Le choix est en grande partie irréversible : il faut chiffrer les deux avant de décider.

Oui. La Suisse étant assimilée à un État de l'Union européenne (règlement européen 883/2004), la France totalise vos périodes suisses pour apprécier votre droit et votre taux plein. En revanche, elle ne verse que la part proratisée correspondant à vos périodes françaises, et retient toujours le calcul le plus avantageux pour vous.

Côté suisse, l'âge de référence de l'AVS en 2026 est de 65 ans pour les hommes (pour les femmes, 64 ans et 6 mois pour la génération 1962, puis 65 ans dès 1964). Côté France, le départ est possible dès 64 ans, et le taux plein est automatique à 67 ans quelle que soit la durée d'assurance.

Votre retraite mérite un plan, pas une estimation à la louche

Ce guide couvre les règles générales. Pour votre cas précis — capital ou rente, coordination France–Suisse, fiscalité, réversion — les conseillers du Cabinet LHB à Sierentz sont spécialisés dans l'accompagnement des frontaliers. Idéalement, faites le point plusieurs années avant le départ.

Spécialiste frontaliers France–Suisse depuis plus de 10 ans
Basé à Sierentz (68), à quelques minutes de Saint-Louis
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